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samedi 12 février 2011

Mes mains de traductrice ont une vie autonome.

Pendant un de nos ateliers de traduction, j'ai fait référence à une nouvelle (française ou sud-américaine, je ne sais plus...) qui racontait l'histoire d'un homme dont la main se met à vivre indépendamment de lui et qui finalement se jette sur lui pour l'étrangler. Caroline Lepage, notre professeur à l'imagination foisonnante m'a donc demandé d'écrire un texte sur la vie autonome de mes mains.
Voici ce que ça a donné : 


Je me présente :
Julie, apprentie traductrice. Qu’ai-je de si particulier ? me direz-vous. Eh bien, mes mains ont une vie autonome.
Ne riez pas, cela arrive, quelquefois.
Tout le monde pense que je suis une fille maladroite. Mon père se moque sans cesse de moi : « Tu as des patates à la place des mains, ma pauvre Julie ! ». Des patates tiendraient sûrement mieux en place que ces deux effrontées. Il suffit que je porte fermement quelque chose pour qu’elles décident de l’envoyer par terre.
Et ce, même avec de la nourriture ! Comment voulez-vous que je me tienne bien à table si ces deux petites pestes me jouent des tours ? Mes camarades de classe pourront en témoigner, mes mains me font parfois passer pour un petit goret en société…
Et que dire de tous les dessins dont elles maculent mes leçons ? Je dis mes leçons mais n’importe quel bout de papier en fait les frais. Des petits soleils, des étoiles, des hippocampes… Elles gribouillent, écrivent, raturent, font des pâtés, des arabesques, c’est selon. Tout y passe, sauf les tables. Ça non ! Je les ai dressées d’une main de fer pour qu’elles ne touchent pas aux tables.
Et mes traductions, que dire de mes traductions… Dès qu’elles aperçoivent un texte, elles sont incontrôlables. Elles barrent, soulignent, commentent mais elles sont si excitées que, dans la précipitation, elles font des fautes souvent honteuses.
Elles aiment toucher à tout. Les tissus, la peau, l’eau, le bois, la pierre... Elles peuvent difficilement se contrôler.
La cohabitation n’est pas toujours aisée, je dois toujours être sur le qui-vive. Mais sans elles et leur vie autonome, je ne serai pas moi. Et ça, il faut l’avouer, ce serait bien dommage.

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